Un mois pour le surréalisme!
Bienvenue dans le nouveau hub créatif du Tamanoir! Chaque mois vous trouverez un thème et son édito, avec chaque semaine de nouvelles idées créatives pour construire votre matériel pédagogique et des animations au top!
Edito
André Breton était appelé par Dali le Tamanoir. Il détestait les fourmis, tout comme Dali, et ce dernier a représenté son ami en Tamanoir par boutade.

L’animal en lui-même est particulier. Edenté, il se nourrit de fourmis qu’il colle à l’aide de sa longue langue. Dali se promenait parfois avec le Tamanoir du zoo de Paris, et Robert Desnos nous parle du Tamanoir en ces termes « ciel bleu, ciel gris, ciel noir avez-vous vu le tamanoir ». Le Tamanoir fait partie intégrante du surréalisme et a inspiré directement le nom de notre asbl.
C’est tout naturellement donc que nous consacrons ce premier édito au surréalisme. Notre aventure a commencé au Musée Magritte et avec des ateliers Magritte proposés aux écoles. Elles se sont ensuite prolongées avec des ateliers culture-nature, notre machine à remonter le temps et notre collection draconique d’œuvres picturales en rapport avec les animaux fantastiques, en passant par le street art, mais toujours avec cet esprit subversif qui caractérisait les premiers surréalistes.
Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin d’une contestation pleine d’humour et non violente de la société. Nous avons besoin de collages dadaïstes, de dénonciations et de détournements, de poésie et de non productivisme. Nous avons besoin de mélanger un peu de rêve, parfois beaucoup, à la réalité pour la transformer.
Au Tamanoir, nous pensons plus que jamais que la transition écologique, économique, politique et sociale passera par la culture. En cette année 2025, où nous fêtons les cent ans du surréalisme, nous souhaitons explorer avec vous sa pertinence.
Un miroir de nous-mêmes
Le surréalisme tend un miroir à nous-mêmes, à ce que nous sommes. Il reflète avec une impertinence pleine de pertinence les endroits où nous nous trouvons parfois malgré nous. Il se joue de l’image que nous souhaitons laisser pour s’imprégner de ce que nous sommes vraiment et nous tendre ce miroir de nous pas toujours glorieux mais toujours juste.
Une poétique contre le chaos
A travers cette justesse, le surréalisme est un antidote au chaos. Il nous rend la responsabilité du sens. Il n’y a pas de sens à une œuvre surréaliste, sinon celui que nous lui donnons, en collaborant avec l’artiste, peintre ou écrivain. Le sens est à chercher dans l’expérience, dans l’inattendu, dans la surprise. Souvent la vie elle-même est surréaliste, nous envoyant les expériences auxquelles nous nous attendons le moins, pour le meilleur ou pour le pire. Le surréalisme nous permet à tout le moins de rester humain.
Habiter l’espace
Dans cet espace chaotique qu’est la vie, il faut pouvoir habiter entre ces éléments épars que l’on perçoit. Le surréalisme nous permet d’habiter le monde en nous jouant de ses différents éléments et en les rêvant. On y mélange les échelles de grandeur, le jour, la nuit et bien d’autres choses contradictoires. Le résultat est habitable.
L’intelligence artificielle
A une époque où l’intelligence artificielle ne fait que rebattre les cartes tendues par les artistes existants, le surréalisme nous appelle à une créativité renouvelée. Un surréaliste ne sera jamais remplaçable par une intelligence artificielle puisqu’il lui faut l’humain pour donner du sens.
L’indépendance de la pensée
Plus que tout, le surréalisme aspire à une indépendance de la pensée. Par essence, il est incompatible avec toutes les formes de totalitarisme. Il se moque de l’homme fort, se joue du pouvoir, tend un miroir de vérité aux mensonges de la propagande, qu’il détourne allègrement.
Attendre l’inattendu
Enfin, le surréalisme nous surprend là où nous ne l’attendions pas. Il peut être drôle, poétique ou grinçant mais jamais où nous l’attendions. Il nous invite à nous laisser surprendre au quotidien. La vie elle-même est surréaliste et nous invite, plus que jamais, à être attentifs à l’or présent dans l’ordinaire.
Ainsi le surréalisme n’appartient pas seulement au passé : il coule encore dans nos rêves, nos gestes et nos silences. Il nous apprend à voir l’invisible, à rire du sérieux, à transformer le réel en éclats de possibles. Au Tamanoir, nous choisissons d’habiter ce monde en y déposant des fragments de poésie comme autant de lucioles dans la nuit. Puisque la vie elle-même est surréaliste, accueillons-la avec ses détours, ses fulgurances et ses énigmes — et laissons le merveilleux nous surprendre, chaque jour, là où nous ne l’attendions pas.
Au fil de ce thème, vous trouverez des idées pour exploiter le surréalisme en tant qu’enseignant ou médiateur culturel. En atelier d’art plastique, en discussions philosophiques avec les plus grands, en détournant des images et des objets, nous souhaitons faire cohabiter avec nos recherches et nos pratiques la poésie, l’humour et beaucoup de joie de vivre. Nous vous souhaitons bonne lecture.

